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By Pas Touche Au Venezuela
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Thursday, 28 April 2005 |
George
W. Bush: Pas touche au Venezuela !
Nous soussignés,
syndicalistes de France, en appelons à nos frères et sœurs des
Etats-Unis, au nom du peuple vénézuélien.
Les récentes déclarations agressives à l’encontre
du Président Chavez, formulées par des représentants de l’administration Bush,
constituent une menace directe pour les travailleurs du Venezuela. C’est le même
genre de langage belliqueux, de la part de la Maison Blanche, qui avait servi à
préparer les interventions américaines au Vietnam, à Cuba, au Chili, en Iraq et
ailleurs.
Par conséquent, nous en appelons à nos amis du
mouvement syndical américain pour qu’ils condamnent avec nous ces provocations
et exercent la plus grande pression sur l’administration Bush, afin que cessent
ces attaques.
Nous défendons le
droit à l’auto-détermination du peuple vénézuélien et la fin de
l’ingérence impérialiste.
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By Hands Off Venezuela
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Wednesday, 08 December 2004 |
L’Ecole Alberdi est une petite école d’un quartier populaire situé sur une des nombreuses collines surplombant la vallée de la ville de Caracas.
Les quartiers populaires de la capitale vénézuélienne ne bénéficient en général de l’attention médiatique que dans la rubrique « faits divers ». C’est pourtant au sein de ces labyrinthes de ruelles, de maisonnettes, de ranchos construits au rythme de l’exode rural que vit la majorité de la population caraqueña. C’est là aussi qu’aujourd’hui bat le cour du ’proceso’, ladite Révolution bolivarienne menée par le gouvernement d’Hugo Chávez.
Le 2 décembre 2002, dans une nouvelle tentative de faire chuter le président Chávez, la Coordination démocratique - regroupement d’organisations et de partis d’opposition - ; Fedecameras, la principale organisation patronale ; et la Confédération des travailleurs vénézuéliens (CTV), principal syndicat à l’époque, tous menés par les médias commerciaux, lançaient une grève générale indéfinie - la quatrième de l’année - pour faire chuter le gouvernement. Mais de grève générale, il n’y en a pas eu au Venezuela. Il s’agissait avant tout d’un lock-out patronal accompagné d’un sabotage du secteur pétrolier. Dans l’enseignement, un bon nombre d’écoles furent fermées par leur directeur ou leur autorité de tutelle, avec la complicité, volontaire ou non, de professeurs. C’est le cas de l’école Juan Bautista Alberdi.
En réaction à cette nouvelle tentative de déstabilisation, le 9 janvier 2003, des gens du quartier ont décidé de s’emparer de l’école. Au début, ils voulaient juste réagir à sa fermeture et « appeler les professeurs à la réflexion ». Quasi deux ans plus tard, ils y sont encore et ont transformé l’école en un véritable petit laboratoire social grâce au travail autonome d’une communauté. L’école est aussi devenue le reflet du processus de changement contradictoire que vit actuellement la société vénézuélienne.
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A l’occasion de la présence, en Belgique, d’un coordinateur élu de l’école, Oscar Negrin, trois conférences sont organisées à Liège, La Louvière et Bruxelles par différentes associations. Ces rencontres seront introduites par Frédéric Lévêque, coordinateur du réseau d’information et de solidarité avec l’Amérique latine (RISAL) et membre du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM). Un traduction de l’espagnol vers le français sera à chaque fois assurée.
*** LA LOUVIERE - Vendredi 10 décembre, 19hRencontre avec Oscar Negrin, directeur de l’école Juan Bautista Alberdi.
Diffusion d’une vidéo (25 min.) réalisée par les professeurs et les élèves de l’école
Une initiative de la CGSP enseignement du centre et du Club Achille Chavée, avec le soutien du CADTM.
Lieu: salle André Vogels - 7, rue du Temple, 7100 La Louvière.
*** LIEGE - Lundi 13 décembre, 20hRencontre avec Oscar Negrin, directeur de l’école Juan Bautista Alberdi.
Diffusion d’une vidéo (25 min.) réalisée par les professeurs et les élèves de l’école
Lieu: Casa Nicaragua - 23, rue Pierreuse, 4000 Liège. La rencontre sera précédée d’un repas à prix démocratique dès 18h30.
Une initiative du Centre culturel Barricade en partenariat avec la Casa Nicaragua, Socialisme Sans Frontière, FLL, le CADTM, l’ACPR (Association Culturelle Paul Renotte), l’ APED (Appel Pour une École Démocratique) et avec le soutien de « D’autres Mondes », forum social à la liégeoise.
*** BRUXELLES - Mardi 14 décembre, 20hRencontre avec Oscar Negrin, directeur de l’école Juan Bautista Alberdi.
Diffusion d’une vidéo (25 min.) réalisée par les professeurs et les élèves de l’école
Lieu: Espace Marx, rue rouppe, n°4, 1000 Bruxelles.
Une initiative du CADTM et de l’Espace Marx avec le soutien de Socialisme Sans Frontière, du Collectif "Venezuela 13 Avril" et de la Campagne "Manos Fuera de Venezuela".
-------------------------------------------------------------------------------- Contact: Frédéric Lévêque
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02 539 32 19 / 0475 79 38 72 |
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By Jorge Martin
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Saturday, 06 November 2004 |
Venezuela - Des travailleurs luttent pour le
contrôle d’une fabrique de papier
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Le 7 septembre 2004, les propriétaires d’une
fabrique de papier, située à Morón dans l’état
vénézuélien de Carabobo, ont décidé
de cesser leurs activités et de ne pas payer les salaires
de leurs 400 employés. Il ne s’agit pas là d’une
première : il y a un an, cette entreprise avait pris la même
décision, prétextant des difficultés financières,
à la suite de quoi les salariés avaient décidé
d’occuper les lieux au cours d’un conflit acharné
qui avait duré 11 semaines. Aujourd’hui, ils exigent
que le gouvernement nationalise l’entreprise et que celle-ci
soit gérée et dirigée par les travailleurs.
Il s’agit ici d’une lutte d’une extrême
importance dont l’issue pourrait avoir des conséquences
cruciales pour l’avenir du mouvement syndical et de la Révolution
bolivarienne au Venezuela.
Venepal est l’un des premiers producteurs
vénézuéliens de papier et de carton ; ses bureaux
se trouvent à Morón, dans l’état industriel
de Carabobo. Autrefois, l’entreprise employait un total de
1.600 salariés, contrôlait 40% du marché national
et était l’un des principaux producteurs dans ce secteur
en Amérique latine. Mais la direction, par sa gestion, a
fait progressivement perdre à l’entreprise des parts
de marché et des revenus. En avril 2002, au moment de l’éphémère
coup d’état militaire contre Chávez [1],
certains de ses actionnaires assistèrent à la cérémonie
d’intronisation de Pedro Carmona, le nouveau "président"
sans légitimité. En décembre 2002 et janvier
2003, pendant le lock-out patronal contre le gouvernement Chávez
[2], les travailleurs ont résisté
à la tentative de paralysie par les employeurs des installations
de l’entreprise.
Le 4 juillet 2004, l’entreprise s’est
finalement déclarée en faillite, privant d’emploi
600 travailleurs à qui elle devait de surcroît une
grosse somme de salaires impayés. L’entreprise avait
contracté 100 millions de dollars de dettes auprès
de banques (60% auprès des banques internationales Citibank
et Chase Manhattan, et 40% auprès de banques nationales),
elle devait en plus à l’état vénézuélien
30 millions de dollars d’impôts impayés, de charges,
de factures de gaz et d’électricité, etc.
Contrôle ouvrier
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A cette époque, le processus révolutionnaire
qui se développe au Venezuela depuis 1998 avait donné
aux travailleurs suffisamment d’assurance pour mener des actions
afin de préserver leurs emplois. A plusieurs reprises le
président Chávez avait exhorté les travailleurs
à occuper les usines si les patrons les fermaient. A la suite
d’une assemblée générale à laquelle
avaient pris part les organisations syndicales locales, les travailleurs
avaient décidé d’occuper l’usine et d’en
assurer la gestion et la direction. Le conflit dura 77 jours. Au
moment de l’occupation, les travailleurs bénéficièrent
du soutien de la députée bolivarienne Iris Varela
et même du commandant de la garnison locale, le Général
Acosta Carles, qui s’était rendu sur place pour garantir
la sécurité des travailleurs parce que l’état
de Carabobo est un fief de l’opposition réactionnaire
[3]. Rowan Jimenez, un militant
syndicaliste membre du comité de lutte, explique que pendant
l’occupation, "les travailleurs ont organisé la
production, ont battu tous les records de productivité et
ont réduit le gaspillage dans des proportions jusqu’alors
inégalées." (Entretien
accordé à El Topo Obrero le 16 septembre
2004.) Durant cette période, les travailleurs exigèrent
que la propriété légale des moyens de production
soit transférée par le gouvernement à une coopérative
ouvrière, qui deviendrait responsable de l’organisation
de la production. Après trois longs mois de lutte et de pourparlers,
un accord a finalement été conclu. Celui-ci prévoyait
un calendrier pour le payement des salaires encore dus ainsi que
le maintien de 400 à 600 emplois. La réouverture de
l’usine était prévue, elle devait rester entre
les mains de ses anciens propriétaires et bénéficier
d’un investissement de l’Etat sous forme de crédits
à taux préférentiel.
Les travailleurs estimaient avoir remporté
une victoire partielle, en particulier en tenant compte du sort
qu’avaient connu d’autres usines occupées à
la même époque - cependant ils restaient vigilants.
Alexis Polanco, dirigeant de l’Union nationale des travailleurs
(UNT) à Morón, a exprimé clairement son point
de vue lorsqu’il a déclaré que selon lui, "les
conflits avec l’entreprise seront toujours là. Nous
devons aller vers la nationalisation de l’entreprise et vers
un système de cogestion, auquel participeraient les travailleurs
et l’état." (Entretien
accordé à El Militante, octobre 2003)
Bien qu’aucun accord officiel n’ait été
signé, les travailleurs, par le biais du syndicat, ont instauré
une forme de gestion ouvrière. Par exemple, lorsqu’en
décembre 2003, la direction leur a annoncé que leurs
salaires et les primes de fin d’année leur seraient
versés en deux fois, en décembre et en janvier, les
travailleurs repliquèrent en affirmant qu’ils appliqueraient
le même principe à la production ! Toutes les décisions
concernant la production, l’inventaire, l’embauche et
les licenciements, etc, étaient supervisées par les
travailleurs. C’était là une trêve inconfortable
qui ne pouvait pas durer.
Crainte de rachat par une multinationale
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Edgar
Peña, General Secretary SUTIP |
Le 7 septembre de cette année, l’entreprise
a de nouveau cessé ses activités et la lutte des travailleurs
a repris une fois de plus. La décision est entre autres liée
à une tentative de se débarrasser des travailleurs
militants, de vendre les actions de la société à
Smurfit, une multinationale du papier et de délocaliser la
production en Colombie. Smurfit est l’une des plus grosses
multinationales mondiales du secteur papetier et cartonnier et a
déjà été engagée dans Venepal.
Les travailleurs craignent qu’il ne s’agisse d’une
brutale OPA, semblable à celle à laquelle s’est
livrée la compagnie aérienne Iberia sur Viasa, la
compagnie aérienne nationale vénézuélienne
dans les années 1990.
Les travailleurs occupent actuellement les installations
[4] et réclament
la nationalisation sous gestion ouvrière comme seule solution
progressiste. Le 16 septembre, une délégation de 100
travailleurs s’est rendue à Caracas et a manifesté
devant les locaux du ministère du Travail. Edgar Peña,
secrétaire général du syndicat des travailleurs
de l’industrie du papier (SUTIP), affilié à
l’UNT, a expliqué comment "Smurfit a démantelé
Venepal et en dirige maintenant une partie avec l’intention
de l’absorber entièrement" (entretien
accordé à El Topo Obrero le 16/09/04).
Union des travailleurs et des révolutionnaires
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Les travailleurs affirment clairement la nécessité
d’impliquer la population locale dans leur combat pour sauvegarder
leur gagne-pain. La ville de Morón est un bastion révolutionnaire
qui compte environ 80.000 habitants et où le soutien à
Chávez lors du référendum du 15 août
sur le maintien du président au pouvoir a atteint 73%. Les
travailleurs expliquent comment Venepal pourrait servir à
faire avancer la cause révolutionnaire. D’une part,
grâce à la production de papier pour les "Misiones"
(programmes sociaux mis en œuvre par le gouvernement bolivarien
et gérés par les populations locales) en rapport avec
l’éducation, l’Université bolivarienne,
etc. Mais ce n’est pas tout. Dans les états de Carabobo,
Falcón et Yaracuy, l’entreprise possède 5.000
ha de terres dont la plus grande partie est en jachère et
que les paysans ont tenté de cultiver contre la volonté
des propriétaires. Il y a aussi des moulins, des maisons
abandonnées, une école, des herbages pour les troupeaux,
un stade de base-ball, un hôtel équipé d’une
piscine, d’un générateur électrique et
même d’un aérodrome. La plupart de ces équipements
ne servent actuellement à rien et les travailleurs disent
qu’ils devraient être utilisés pour le bien du
peuple dans le cadre du projet révolutionnaire. La terre
devrait être donnée à des coopératives
paysannes, les équipements sportifs et les établissements
scolaires devraient être utilisés par les habitants,
etc.
Pour cette raison, le 22 septembre, les travailleurs
en lutte ont organisé un rassemblement de masse avec les
Unités de bataille électorale (UBE), les organisations
créées pour la campagne du référendum
du 15 août 2004 [5] et qui
deviennent maintenant les groupes organisateurs du mouvement révolutionnaire
au niveau local. Dix des UBE locales y ont participé, représentant
des centaines de personnes organisées. Tour à tour,
les représentants de toutes les UBE présentes ont
expliqué à l’assemblée combien de gens
ils pouvaient mobiliser et de quelle manière ils pourraient
contribuer à la lutte (en fournissant des vivres, des moyens
de transport etc.) L’atmosphère lors de ce rassemblement
était électrique. Un représentant d’une
des UBE a déclaré : "Nous sommes engagés
dans une révolution et ce combat est notre combat. Nous nous
battons pour les travailleurs de Venepal et leurs familles, pour
la défense de la révolution et pour notre pays",
un travailleur de Venepal a ajouté : "C’est ici
que nous voyons la puissance du prolétariat, qui est capable
de s’unir et de mobiliser l’ensemble des forces populaires
pour atteindre un but commun."
Alexis Polanco, dirigeant de l’UNT de Morón
et secrétaire général du syndicat de l’usine
métallurgique Ferrelca, a lancé un appel à
l’UNT de l’état de Carabobo pour l’organisation
d’une marche régionale en soutien aux travailleurs
de Venepal. "Cette lutte doit devenir la bannière de
ralliement de l’ensemble du mouvement révolutionnaire.
Si Venepal tombe dans les mains de la multinationale Smurfit, il
y aura des licenciements et une énorme part de la richesse
qui appartient au peuple vénézuélien sera perdue
au profit de la multinationale. Cela va à l’encontre
du projet révolutionnaire pour lequel nous nous battons.
Le combat de Venepal est le combat de tous ceux qui soutiennent
le processus révolutionnaire, de tous les exploités,
et nous pouvons gagner ce combat".
L’étape suivante de la lutte a été
une manifestation dans les rues de Morón le 30 septembre.
Plus de 700 personnes y participaient et l’atmosphère
était confiante et enthousiaste. Il est certain que la victoire
des forces révolutionnaires le 15 août, qui constitue
la troisième défaite importante subie par l’oligarchie
réactionnaire depuis le coup d’état d’avril
2002 et le lock-out patronal de décembre 2002, a eu un gros
impact sur la conscience du prolétariat. Rien que dans le
Carabobo, un état qui regroupe une grande partie des industries
privées du pays, les travailleurs de dizaines d’usines
s’organisent en syndicats affilés à l’UNT.
L’exemple le plus récent est la création d’un
syndicat indépendant classiste par 400 travailleurs de l’usine
de montage Daimler-Chrysler, où avait sévi pendant
25 ans un syndicalisme de type mafieux.
Le 6 octobre, à Valencia [capitale de l’état
de Carabobo, ndlr], s’est tenue une réunion de l’UNT,
à l’initiative régionale de Carabobo. Plus de
50 dirigeants syndicaux de cet état y ont discuté
les modalités de l’organisation de la solidarité
avec les travailleurs de Venepal. Etaient présents des dirigeants
et des délégués syndicaux de Coca-Cola, Pirelli,
Trimeca, Venezolana de Pinturas, Ford, General Motors, Proagro seccional
Bejuma, Ferralsa, Owen-Illinois, Tubo Auto C.A., Protinal, Rodhia
et Vicson, ainsi que des représentants des ouvriers de Venepal.
Les autres syndicats ont fait preuve d’une solidarité
impressionnante. Les délégués de Ford ont versé
200 000 Bolivars (Bs) [Un Euro équivaut à plus ou
moins 2500 Bolivars, ndlr], et ceux de Owen-Illinois ont donné
un chèque de 100 000 Bs. Le 9 octobre, les travailleurs de
Venezolana de Pinturas ont décidé lors d’une
assemblée générale de faire un don hebdomadaire
au fonds de soutien et les travailleurs de la raffinerie de pétrole
d’El Palito ont accepté de donner 10.000 Bs chacun.
D’autres travailleurs ont accepté d’organiser
des collectes à l’entrée de leurs usines, et
une tournée dans les usines affiliées à l’UNT
de l’état de Carabobo a été prévues.
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Au cours de cette réunion, un manifeste
a été adopté. Il réclame la nationalisation
de Venepal sous gestion ouvrière, appelle tous les membres
de l’UNT à soutenir la lutte des travailleurs de Venepal
en participant à la mobilisation et à la collecte
des fonds nécessaires à la continuation de la lutte.
Il appelle également à organiser des assemblées
générales dans toutes les usines pour expliquer le
dossier et à collecter des dons hebdomadaires auprès
de tous les travailleurs pour le fonds de soutien. Ce manifeste
réprouve les négociations du gouvernement central
avec les patrons qui ont soutenu le coup d’état, car
elles violent les droits des travailleurs ; de plus, ce manifeste
dénonce les juges réactionnaires complices des machinations
patronales et appelle à un rassemblement de solidarité
nationale à Venepal le 16 octobre au cours duquel les manières
dont on peut faire avancer la lutte seront discutées. Enfin,
les responsables syndicaux présents ont appelé à
une campagne nationale et internationale de solidarité avec
comme slogan : la "Nationalisation de Venepal sous gestion
ouvrière".
Il est clair qu’il s’agit d’une
lutte extrêmement importante pour l’avenir de la Révolution
bolivarienne au Venezuela. Depuis le début, les parasites
de la classe dirigeante vénézuélienne se sont
violemment opposés à cette révolution, bien
que le mouvement n’ait pas encore porté atteinte à
la propriété privée des moyens de production.
Pendant des décennies, ils ont montré leur totale
absence de capacité et de volonté de faire progresser
le pays de quelque manière que ce soit, et ils ont donc conscience
qu’un mouvement révolutionnaire qui répondrait
aux besoins même les plus élémentaires des masses
populaires porterait gravement atteinte à leur mainmise sur
l’économie du pays. Et ils ne se trompent pas. La lutte
des travailleurs de Venepal montre clairement la marche à
suivre. Afin de défendre et de faire progresser le niveau
de vie des masses populaires du Venezuela, les travailleurs doivent
prendre en main l’économie, pour que celle-ci puisse
être démocratiquement planifiée dans le but
de servir les intérêts de la majorité des gens.
Les travailleurs appellent à une campagne
internationale demandant la nationalisation sous le contrôle
ouvrier de cette importante industrie.
Envoyez nous vos messages de solidarité
:
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[1] Voir notre
dossier "Coup
d’état au Venezuela". (ndlr)
[2] Voir notre
dossier "Lock
out patronal et sabotage pétrolier".(ndlr)
[3] Suite aux
élections régionales du dimanche 31 octobre 2004,
l’état devrait être maintenant gouverné
par un partisan du gouvernement national, Luis Acosta Carles. (ndlr)
[4] En réalité,
à l’heure actuelle, l’usine Venepal n’est
que partiellement sous contrôle des travailleurs. Les forces
de sécurité de l’usine sont toujours aux ordres
de l’entreprise. (ndlr)
[5] Voir notre
dossier "Référendum
révocatoire". (ndlr)
Source : In Defence of Marxism (http://www.marxist.com)
/ Venezuelanalysis (http://www.venezuelanalysis.com),
octobre 2004.
Traduction : C.F. Karaguezian, pour RISAL (http://risal.collectifs.net). | |
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By Jérôme Métellus
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Sunday, 10 October 2004 |
La révolution vénézuélienne
après le référendum
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Avec le vote massif en faveur de Chavez au référendum
révocatoire du 15 août, le mouvement révolutionnaire
vénézuélien a, une fois de plus, remporté
une victoire éclatante sur la classe capitaliste nationale
et l’impérialisme américain. Sur la base d’un
taux de participation de 90%, près de 60 % des électeurs
ont demandé le maintien d’Hugo Chavez au poste de président.
L’opposition, qui a immédiatement contesté le
résultat des élections, a dû cependant se résoudre
à l’échec.
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Rassemblement
le 8 août en soutien à Chavez |
Après le coup d’Etat manqué d’avril
2002 et la grève patronale de décembre 2002/février
2003, ce référendum représentait la troisième
tentative de renverser Hugo Chavez. A chaque fois, l’opposition
a été soutenue par le patronat, les dirigeants syndicaux
corrompus, les hautes instances de l’Eglise, les médias
privés — sans oublier l’appui de l’administration
américaine. Mais à chaque fois, l’extraordinaire
énergie révolutionnaire des masses a eu raison de cette
coalition, qui rassemble tout ce que la société vénézuélienne
compte de corrompu et de réactionnaire.
L’organisation du référendum était
elle-même le résultat d’une fraude massive de la
part de l’opposition. La possibilité d’organiser
un tel référendum supposait que 2,4 millions de signatures
soient rassemblées. Or il est de notoriété publique,
au Venezuela, qu’au cours de la collecte de ces signatures, l’opposition
n’a pas hésité à faire signer plusieurs fois
la même personne, ou encore à faire signer les morts !
Même certains membres de l’opposition l’ont reconnu.
Cependant, face aux énormes pressions de l’opposition et
de Washington, le Conseil National Electoral a décidé
d’organiser tout de même le référendum. Et
à présent, l’opposition jette le discrédit
sur son résultat. Cela montre bien que les soi-disant démocrates
de l’opposition — dont un certain nombre ont participé
à la tentative de coup d’Etat de 2002 — ne tolèrent
la démocratie qu’à condition de gagner les élections
!
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La contre-révolution espérait
s’appuyer sur le référendum pour destituer Chavez,
revenir au pouvoir et liquider les acquis de la révolution bolivarienne.
Mais les choses ne se sont pas passées comme prévues.
L’opposition misait sur la complicité de deux agences de
l’impérialisme américain : l’Organisation
des Etats Américains (OEA) et le Centre Carter, ce dernier étant
dirigé par l’ex-président des Etats-Unis Jimmy Carter,
dont l’hostilité à l’égard du mouvement
révolutionnaire vénézuélien ne fait aucun
doute. Les « observateurs » de ces deux institutions (financées
par le gouvernement américain) étaient officiellement
venus pour contrôler et valider le processus électoral
— en réalité, pour si possible en contester le résultat
au profit de la contre-révolution. Le 15 août, la journaliste
du Monde Marie Delcas écrivait : « plus le résultat
sera serré, plus le rôle des observateurs électoraux
sera crucial : de leur jugement pourrait bien dépendre la suite
des évènements. » Ce qu’il fallait lire entre
ces lignes hypocrites, c’est qu’en cas de résultat
serré, l’AOE et le Centre Carter auraient pu tenter de
proclamer leurs propres résultats.
Mais voilà : le résultat a donné
une écrasante majorité aux Chavistes. Par ailleurs, ce
résultat confirme le fait que le rapport de force entre les travailleurs
vénézuéliens et la contre-révolution est
pour le moment à l’avantage des premiers. Jimmy Carter,
qui n’est pas complètement stupide, a très certainement
fait pression sur l’opposition pour qu’elle renonce à
tenter un nouveau coup de force. A ce stade, en effet, un tel scénario
déboucherait inévitablement sur une guerre civile —
que la contre-révolution aurait de bonnes chances de perdre.
La victoire de Chavez ne mettra pas un terme aux sabotages
et à la propagande haineuse de la contre-révolution. Elle
a essuyé une nouvelle défaite, mais il serait parfaitement
naïf de s’imaginer qu’elle va attendre sagement les
prochaines élections et laisser le gouvernement Chavez réaliser
son programme. La stratégie de la droite repose précisément
sur le sabotage permanent et systématique des avancées
de la révolution. Leur objectif est de semer le plus de chaos
possible, de façon à créer les conditions d’un
coup d’Etat victorieux.
Dans ce contexte, la politique de la direction du mouvement
bolivarien jouera un rôle clé dans l’issue du conflit
de classe qui, comme dans toute révolution, atteint au Venezuela
une extrême intensité. Or, Chavez est entouré de
nombreux éléments réformistes qui ne cessent de
semer l’illusion selon laquelle il serait possible, moyennant
quelques compromis, de se concilier l’opposition et l’administration
américaine. Ces incurables réformistes ne cessent de répéter
qu’il ne faut pas «provoquer » Bush, et s’imaginaient
que l’opposition allait baisser les armes après la victoire
de Chavez au référendum. Mais l’opposition n’a
pas baissé les armes : elle a au contraire immédiatement
remis en cause le résultat du référendum. Quant
à l’administration Bush, elle n’a pas besoin d’être
provoquée : elle l’est déjà. Le processus
révolutionnaire vénézuélien heurte de plein
fouet ses intérêts, car il inspire les travailleurs de
l’ensemble de l’Amérique latine, que les capitalistes
américains exploitent abondamment et considèrent comme
leur « chasse gardée ».
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Encore une fois, la stratégie générale
de la contre-révolution consiste à saboter systématiquement
le mouvement révolutionnaire, en attendant qu’une occasion
se présente de renverser Chavez et d’écraser le
mouvement révolutionnaire. C’est ce qui a été
largement démontré par l’expérience de ces
dernières années, et il est temps d’en tirer les
leçons. On ne peut pas faire la moitié d’une révolution.
Les réformes engagées au cours de la révolution
ne peuvent être consolidées et poursuivies qu’à
condition de mettre fin au pouvoir économique de la classe dirigeante
vénézuélienne, dont elle se sert pour semer le
chaos. Seule l’expropriation des capitalistes et l’instauration
d’un régime de démocratie ouvrière permettront
de satisfaire les besoins du peuple vénézuélien.
Par ailleurs, un tel développement de la révolution déclencherait
à travers le monde une vague de sympathie et de solidarité
telle que les fondations du capitalisme mondial en seraient profondément
affectées. Ce serait une étape majeure dans la lutte pour
le socialisme à l’échelle mondiale. | |
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By Alan Woods
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Wednesday, 18 August 2004 |
Référendum au Venezuela : une écrasante
défaite de la contre-révolution
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Lundi matin, à 4 h 03, le Conseil National
Electoral (CNE) du Venezuela a annoncé les résultats du
référendum susceptible de révoquer le président
vénézuelien Hugo Chavez Frias. Le décompte de 94,49
% des votes effectués sur des machines automatiques montrait
que l’opposition n’est pas parvenue à obtenir plus
de votes que ceux qui voulaient le maintien en fonction de Chavez. Il
y a eu 4 991 483 votes « non », soit 58, 26 % des suffrages
exprimés, contre 3 576 517 votes « oui », soit 41,74
% des suffrages exprimés.
Immédiatement, l’opposition a «
catégoriquement refusé » de reconnaître les
résultats du CNE. Pourtant, il est clair que le « non »
l’a emporté à une large majorité. Les premiers
communiqués annonçaient même une majorité
plus grande : 63% contre 37%. Cela doit être plus proche de la
vérité. Dans les districts ruraux et les zones urbaines
pauvres – où Chavez jouit d’un large soutien, et
où il n’y avait pas de machines automatiques – le
décompte manuel des votes creusera probablement encore l’écart.
Les masses debout
Le référendum a soulevé les masses.
Il y a eu un taux de participation sans précédent, parce
que tout le monde savait ce qui était en jeu. Les Vénézueliens
ont fait jusqu’à 10 heures de queue pour voter. Notre correspondant
à Caracas nous écrivait, dimanche soir, au sujet de l’état
d’esprit qui régnait pendant la journée :
« Les célébrations de rue et l’euphorie
qu’on peut lire sur les visages des gens des quartiers pauvres
de Caracas contraste avec l’ambiance sombre des quartiers des
escualidos (les beaux quartiers). Dans tous les quartiers,
il y a eu de longues queues devant les bureaux de votes. Mais alors
que dans les quartiers pauvres les gens attendent toujours pour voter,
dans les beaux quartiers, il n’y a plus de queues. »
Le taux de participation était d’environ
90 %. Ce chiffre historique contraste nettement avec ceux des élections
en Grande Bretagne ou aux Etats-Unis. C’est ce qui arrive lorsque
les gens ont le sentiment que quelque chose d’important est en
jeu. C’est ce qui arrive lorsque les gens sentent que la politique
est importante et que leur vote peut faire une différence. Cela
contraste nettement avec la situation des « démocraties
occidentales », où beaucoup de gens ne vont même
pas voter parce qu’ils se disent que quelque soit le résultat,
cela ne changera pas grand-chose à leur vie. Et cependant, Bush
et Blair estiment avoir le droit de donner des leçons de démocratie
au peuple vénézuélien !
Le résultat exceptionnel du référendum
de dimanche représente la huitième victoire électorale
de Chavez et des bolivariens en l’espace de six ans. Cependant,
l’opposition continue d’accuser Chavez d’être
un « dictateur ». Cela ne tient pas devant les faits. On
peut penser ce qu’on veut d’Hugo Chavez, mais ce n’est
pas un dictateur. Au terme de presque six ans de pouvoir, le soutien
populaire dont il jouit a augmenté. Après avoir rassemblé
56 % des voix aux élections de 1998, puis 59 % en 2000, il s’approche
désormais des 60 %.
Battue à chacune des élections, l’opposition
a essayé de renverser Chavez par un coup d’Etat en 2002,
puis par une grève patronale de la compagnie pétrolière
(la PDVSA). Après l’échec de ces deux tentatives,
l’opposition a mis tout son poids dans le référendum
révocatoire.
Tout cela est ironique. Le droit constitutionnel d’organiser
un référendum révocatoire existe grâce à
la nouvelle Constitution, qu’une Assemblée Constituante
élue a rédigée au cours de la première année
de la présidence de Chavez. C’est Chavez qui a proposé
à l’Assemblée l’idée d’une révocabilité
des officiels élus. La majorité soutenait cette proposition,
que l’opposition rejetait, bien qu’elle ait par
la suite hypocritement utilisé ce droit dans le but de renverser
le Président. D’ailleurs, si ces « démocrates
» avaient gagné, leur premier acte aurait été
de supprimer le droit d’organiser un référendum
révocatoire !
Ces messieurs se présentent comme des démocrates,
mais, dans la pratique, ils montrent qu’ils n’acceptent
la « démocratie » qu’à condition de
gagner. L’opposition a poursuivi ses manœuvres jusqu’à
la dernière minute. Avant que les résultats officiels
ne soient annoncés par le CNE, les deux membres de l’opposition
qui siègent au CNE, Sobella Mejias et Ezequiel Zamora, remettaient
en cause les résultats. Par de telles manœuvres cyniques,
l’opposition cherche à jeter le discrédit sur le
référendum, de façon à préparer le
terrain à de futurs actes de sabotage.
La classe ouvrière et les pauvres du Venezuela
ont à nouveau fait preuve d’un infaillible instinct de
classe. Dans les quartiers ouvriers de Petare, dès 4 heures du
matin, les gens faisaient la queue devant les bureaux de vote. Lorsqu’il
est devenu clair que l’opposition avait perdu, la joie populaire
a explosé. Les rues qui entourent le Palais présidentiel
de Miraflores, à Caracas, étaient remplies de manifestants
pro-Chavez célébrant la nouvelle victoire de la révolution
bolivarienne. D’après Venezuelanalysis.com,
« les Chavistes sont descendus dans les rues des quartiers ouvriers,
fêtant l’évènement en jouant de la musique.
Dans les zones ouvrières de Caracas, on pouvait également
entendre les explosions de pétards et de feux d’artifices,
comme pour les célébrations de la nouvelle année.
»
Le référendum constitue un coup dur pour
les contre-révolutionnaires, dont une section n’était
clairement pas disposée à accepter le résultat.
On rapporte que d’intenses négociations ont eu lieu entre
le Centre Carter, l’Organisation des Etats Américains (OEA)
et la Coordination Démocratique de l’opposition, pour convaincre
cette dernière d’accepter la victoire de Chavez.
Un coup porté à la contre-révolution
Il est normal que les masses célèbrent
leur victoire. Elles ont une nouvelle fois infligé un coup sérieux
à la contre-révolution, la bloquant sur le plan électoral.
Mais les opposants à Chavez sont également descendus dans
la rue, répondant aux appels de leurs leaders les invitant à
célébrer leur propre « victoire ». Les militants
des groupes chavistes on dénoncé cet appel, dont le but
était de provoquer le désordre public et d’éventuels
blocage de routes – comme cela s’est déjà
vu il y a quelques mois. Un appel de l’opposition à la
« rébellion civile », pour protester contre la durée
de la procédure électorale, confirme ces craintes.
Les contre-révolutionnaires comptaient utiliser
le référendum pour provoquer de nouveaux affrontements
et incidents. Leur espoir est toujours le même : créer
suffisamment de chaos pour provoquer un coup d’Etat. Tel aurait
été le scénario si le résultat du référendum
avait été serré.
Huberto Calderon Berti et Cesar Perez Vivas, leaders
de l’opposition et du COPEI (un parti de droite), on donné
une conférence de presse dimanche soir pour remercier les observateurs
internationaux pour leur présence lors de cette « élection
historique ». L’expression misérable, sur le visage
de Berti, en disait suffisamment long. Les choses ne se sont pas passées
comme prévu ! Les contre-révolutionnaires espéraient
que leur contrôle des médias de masse leur permettrait
de gagner le référendum. Par ailleurs, ils comptaient
sur l’appui à peine voilé de Washington et de la
plupart des gouvernements de l’Amérique latine –
en la personne de Jimmy Carter et de l’Organisation des Etats
Américains (OAE).
Le rôle des « observateurs » étrangers
On attend toujours le verdict des observateurs internationaux,
y compris ceux de l’ancien président américain Jimmy
Carter et de l’OAE. Plus de 400 observateurs internationaux, y
compris une mission de l’OAE, sont venus au Venezuela pour «
observer » le déroulement du référendum.
Le niveau d’ingérence étrangère dans les
affaires internes du Venezuela était sans précédent.
Ce référendum révocatoire était le processus
électoral le plus étroitement surveillé de l’hémisphère
occidental. Ce qui n’était certainement pas le cas des
dernières élections présidentielles, au cours desquelles
George W.Bush a fraudé. Mais ces petites contradictions n’émeuvent
pas tellement les critiques internationaux du gouvernement Chavez.
L’élément le plus connu de la «
mission d’observation » est le Centre Carter, fondé
par l’ancien Président des Etats-Unis, Jimmy Carter. Cet
homme était un médiocre Président, mais il a d’excellentes
qualifications comme intrigant diplomatique. Le Président Chavez
m’a dit comment Jimmy Carter avait pleuré lorsqu’il
avait appris les terribles conditions de vie des pauvres vénézueliens.
Son habileté à pleurer à tout moment est un héritage
des terres bibliques du sud des Etats-Unis. Nul ne doute que ses ancêtres
pleuraient sur la condition des pauvres, pendant qu’ils s’enrichissaient
sur le dos des esclaves noirs. Ce type d’hypocrisie chrétienne
est l’arme la plus utile dans le domaine de la diplomatie internationale
– et Jimmy Carter la manie avec la plus extrême perfection.
De fait, l’hypocrisie est ces temps-ci très
en vogue au Venezuela. La contre-révolution ne peut pas se permettre
d’apparaître publiquement telle qu’elle est réellement,
mais doit se cacher sous les traits de la « véritable démocratie
», et ce même si son objectif réel est d’instaurer
une dictature au Venezuela. De nombreuses organisations contre-révolutionnaires
sont apparues sous les traits de groupes de défense des «
droits de l’homme », etc. Pour tromper l’opinion publique,
les choses doivent êtres changées en leur contraire : une
défaite électorale doit être présentée
comme une victoire, une victoire comme une défaite, la dictature
comme la démocratie, la démocratie comme la dictature,
et ainsi de suite.
L’organisation Súmate est une spécialiste
de ce genre d’hypocrisie et de tromperie. Súmate, qui est
supposée être une association civile et non-partisane,
est en réalité un groupe qui soutient l’opposition,
et que finance Washington. La co-directrice de Súmate, Maria
Corina Machado, a participé au coup d’Etat de 2002 qui
a brièvement renversé Chavez : elle a signé les
décrets du prétendant à la dictature Pedro Carmona.
Súmate a utilisé l’argent de ses
généreux donateurs américains pour organiser une
large équipe de « volontaires », dont l’objectif
était de collecter le plus grand nombre possible de votes «
oui » à la sortie des urnes. Ces « résultats
objectifs » auraient alors pu être présentés
comme la « preuve » que l’opposition avait gagné,
et être utilisés comme élément de propagande
pour provoquer des troubles, une fois annoncée la victoire de
Chavez.
Malgré son image publique d’« institution
impartiale », le Centre Carter est un instrument de Washington.
Il dépend du financement américain. Et comme le dit le
proverbe anglais : c’est celui qui paye le musicien qui choisit
la chanson. Or on sait bien que l’ensemble de l’establishment
politique américain s’oppose à Chavez et soutient
l’opposition.
Carter en appelle à la prudence
Il ne fait aucun doute que les sympathies de Carter
et de l’OAE allaient à l’opposition. Cependant, les
plans de l’opposition consistant à utiliser les «
observateurs » étrangers ont été anéantis
par la réponse massive qu’a suscitée la campagne
électorale. La campagne elle-même a été menée
de la manière scrupuleusement juste et démocratique. Aucune
des irrégularités espérées par l’opposition
n’a pu être constatée.
Tôt dans la matinée de dimanche, après
avoir visité plusieurs bureaux de vote, Carter a été
obligé de reconnaître que les queues d’électeurs
étaient « extrêmement longues et disciplinées
». Il a ajouté que « dès les premières
heures de la journée, nous avons visité plusieurs bureaux
de vote de Caracas, où il y a des milliers de gens qui attendaient
avec beaucoup de patience et de calme. » Cesar Gaviria, le secrétaire
général de l’OAE, a déclaré dimanche
que les résultats du référendum seraient «
dignes de confiance ».
Qu’est-ce que ces messieurs-dames pouvaient bien
ajouter ? L’intention première de l’OAE et du centre
Carter était de faire pression sur le gouvernement de Caracas
pour parvenir à un « compromis » avec l’opposition,
ou, si possible, de manipuler le résultat du référendum
en faveur de celle-ci. C’est probablement la raison pour laquelle
l’annonce des résultats officiels a été retardée.
Une partie des « durs » de l’opposition
a sans doute demandé à l’OAE et au Centre Carter
de collaborer à de telles manœuvres. Certains secteurs de
l’opposition avaient annoncé leur intention de donner leurs
propres résultats 5 heures avant la fermeture des bureaux de
vote. Telle semble avoir été la position du leader de
l’opposition Enrique Mendoza. Cela aurait été une
grande provocation. Mais le Centre Carter et l’OAE ont compris
qu’il était inutile et contre-productif d’essayer
de contester le résultat du référendum.
Lundi, à une heure et demie du matin, les officiels
du Centre Carter et de l’OAE sont sortis d’une réunion
avec le Conseil National Electoral. Ils ont désespérément
essayé de convaincre la Coordination Démocratique (opposition)
d’accepter la victoire de Chavez. La discussion a du être
très tendue. Mais Carter ne pouvait pas suivre les « durs
» de l’opposition. Il est certainement un bandit impérialiste,
mais il n’est pas complètement fou. Une tentative flagrante
de donner la victoire à l’opposition en recourrant à
la fraude aurait immédiatement provoqué une explosion
qui aurait échappé à leur contrôle.
Carter, qui est un représentant relativement
sensé de l’impérialisme américain, a donc
du faire pression sur l’opposition pour qu’elle se calme.
Le journal vénézuelien Diario Vea rapporte que
Jennyfer McCoy, une dirigeante de la « mission Carter »,
a indirectement critiqué la décision de l’opposition
d’annoncer un résultat non officiel et avant l’heure
prévue. McCoy aurait déclaré que tous les acteurs
politiques devraient attendre l’annonce des résultats par
l’organisme gouvernemental dont c’est la fonction, c’est-à-dire
le CNE.
Le Centre Carter et l’OAE ont compris qu’il
était vain et contre-productif d’essayer de nier le résultat
du référendum. Mais il ne s’agit que d’une
décision tactique. Ils comprennent qu’à ce stade
un coup d’Etat est hors de question, le rapport de force
entre les classes ne leur étant pas favorable. Par conséquent,
une partie de l’opposition, tout au moins, devra accepter à
contre-cœur la victoire de Chavez. Tout ce qu’ils peuvent
faire, c’est jeter le doute sur le déroulement du vote,
exagérer les irrégularités, crier à la fraude,
etc. C’est ce qu’ils font. Et en fait, ils avaient déjà
commencé à le faire avant même la tenue du référendum.
Et maintenant ?
Les impérialistes comprennent que ce n’est
pas le moment de tenter un nouveau coup d’Etat, qui mènerait
à la guerre civile – une guerre civile qu’ils perdraient
certainement. Aussi ont-ils décidé d’adopter
une tactique différente. La stratégie de l’assaut
ayant échoué, ils vont recourir à la stratégie
du siège. La lutte n’est pas terminée, elle n’est
que transférée sur un autre plan. Les contre-révolutionnaires
et leurs alliés impérialistes attendront jusqu’à
ce que le rapport de force entre les classes leur soit plus favorable.
Ils reprendront l’offensive. Mais pour le moment, ils sont forcés
d’opérer un repli tactique et de penser leurs blessures.
Peut-on dire que tout est réglé et que
l’opposition a été battue de façon décisive
? Certainement pas. Le référendum a montré que
la société vénézuélienne est extrêmement
polarisée entre la droite et la gauche. Cette polarisation ne
disparaîtra pas du fait du référendum, mais au contraire
ne fera qu’augmenter. En la matière, le référendum
n’a rien résolu. Les contre-révolutionnaires
vont regrouper leurs forces et préparer une nouvelle offensive
pour le moment où les conditions seront plus favorables.
Sur la scène internationale, ils ne vont pas
mettre un terme à leur campagne bruyante contre la révolution
vénézuélienne. Ils ne vont pas cesser de prétendre
que Chavez a des tendances autoritaires. Par le biais d’organisations
comme Súmate, ils vont publier de faux résultats du référendum,
de façon à prétendre que le gouvernement de Chavez
a fraudé. Ils vont continuer de saborder et de faire obstacle
aux progrès de la révolution. Ils vont tenter de créer
une situation de chaos économique et social. Ils ne seront jamais
satisfaits tant que Chavez ne sera pas renversé et les acquis
de la révolution bolivarienne complètement liquidés.
La nouvelle victoire du gouvernement Chavez place l’opposition
bourgeoise dans une position difficile. Pour la quatrième fois,
une élection libre a donné une majorité décisive
à Chavez. La bourgeoisie vénézuélienne est
de plus en plus désespérée. La lutte des classes
ne cesse de s’intensifier. Encouragés par le résultat
du référendum, les travailleurs et les paysans demanderont
davantage de réforme et un approfondissement du processus révolutionnaire.
La bourgeoisie et les impérialistes demanderont une halte et
un retour en arrière. Le gouvernement se trouvera pris en étau
entre ces forces contradictoires.
La participation massive au vote reflète la très grande
polarisation de la société vénézuélienne.
La question posée concernait le maintien au pouvoir de Chavez,
mais des problèmes beaucoup plus profonds sont en jeu, et ces
problèmes doivent encore être résolus. Il était
nécessaire de gagner le référendum, mais le résultat
du référendum ne va pas en lui-même résoudre
ces problèmes fondamentaux. Il ne fera que les poser de façon
plus vive.
Les dirigeants du mouvement bolivarien qui expliquaient
que le référendum permettrait de réduire au silence
les ennemis de la révolution ont eu la preuve de leur erreur.
Les ennemis intérieurs et extérieurs de la révolution
ne peuvent être conciliés par des élections, des
référendums et des négociations. Ils ne se seront
satisfaits que lorsque la révolution sera battue. Ne pas le reconnaître
est le comble de l’irresponsabilité.
A plusieurs occasions, au cours de ces dernières
années, lorsque les masses ont mis en échec la contre-révolution,
des opportunités en or se sont présentées de pousser
la révolution à son terme et d’arracher une fois
pour toute son pouvoir à l’oligarchie. Mais à chaque
occasion, l’opportunité a été gâchée.
Les dirigeants du mouvement bolivarien se sont laissés séduire
par les sirènes qui en appelaient à la « modération
» et à la « négociation ». Le résultat
inévitable fut une nouvelle offensive de la contre-révolution.
Il est temps de tirer les enseignements ! On ne peut
pas faire la moitié d’une révolution. Tant que l’oligarchie
conservera son contrôle sur d’importantes sections de l’économie,
elle continuera d’agir comme le Cheval de Troie de l’impérialisme
américain, sabotant et minant la révolution bolivarienne.
Il est temps de se poser la question clé : peut-on laisser une
poignée de riches parasites décider du sort de millions
de personne ? Ou va-t-on mettre un terme définitif à cette
situation, c’est-à-dire exproprier les contre-révolutionnaires
et prendre la voie de la démocratie socialiste ?
Le 15 août restera dans les annales de l’histoire
révolutionnaire comme une grande victoire de la classe ouvrière
– à une condition : que nous ne la gâchions pas,
que nous ne laissions pas l’initiative à nos ennemis, et
que nous leur portions les coups qui détruiront les bases de
leur pouvoir. C’est la seule façon de consolider notre
victoire et de la prolonger par une décisive transformation révolutionnaire
de la société. | |
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By Hands Off Venezuela
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Saturday, 05 June 2004 |
Pas touche au Venezuela !
Nous voulons exprimer notre profonde inquiétude
au sujet de l’ingérence des Etats-Unis dans les affaires
démocratiques internes de la République bolivarienne du
Venezuela. Nous sommes extrêmement préoccupés par
les récentes déclarations de Peter Deshazo, Secrétaire
d’Etat Adjoint, dans lesquelles il affirmait qu’il y a «
trop de complications techniques » dans la procédure de
vérification des signatures que l’opposition a collectées
dans le but de convoquer un référendum de révocation
du président.
Peter Deshazo a également déclaré
que, pour les Etats-Unis, l’opinion des observateurs de l’Organisation
des Etats Américains et du Centre Carter était aussi importante
que la décision finale du Conseil National Electoral (CNE) vénézuelien.
Il s’agit clairement d’une ingérence injustifiée
dans la procédure démocratique en cours au Venezuela,
en même temps qu’une tentative de faire pression sur le
CNE pour qu’il valide les signatures de l’opposition, indépendamment
du fait qu’elles soient – ou non –effectivement valides.
En outre, le gouvernement vénézuelien
a dénoncé le fait que SUMATE, l’organisation de
l’opposition qui coordonne la collecte des signatures, ait reçu
des fonds de la Fondation Nationale pour la Démocratie, une institution
américaine.
Nous sommes également inquiets de la situation
du journaliste Ernesto Villegas. Un procès a été
engagé contre Villegas, qui est accusé d’avoir publié
la transcription d’une conversation téléphonique
entre deux leaders de l’opposition, dans laquelle ils admettaient
ne pas avoir collecté suffisamment de signatures. L’enregistrement
de la conversation était déjà dans le domaine public,
et l’une des deux personnes impliquées a reconnu sa véracité.
Les poursuites judiciaires à l’encontre de Villegas relèvent
d’un tentative d’étouffer une vérité
que tout le monde connaît : l’opposition n’est pas
parvenue à collecter le nombre de signatures nécessaires
pour que le référendum puisse être convoqué.
Le gouvernement des Etats-Unis est particulièrement
mal placé pour donner des leçons de démocratie
au gouvernement et au peuple vénézueliens, surtout après
avoir soutenu le gouvernement éphémère et antidémocratique
de Pedro Carmona, qui a été mis en place au Venezuela
dans la foulée du coup d’Etat du 11 avril 2002.
Nous exprimons notre soutien au processus révolutionnaire
en cours au Venezuela, où le peuple a montré, à
l’occasion de 7 scrutins électoraux, qu’il appuyait
le projet défendu par le président Chavez, et nous demandons
que le gouvernement des Etats-Unis cesse toute ingérence au Venezuela. |
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By Hands Off Venezuela
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Wednesday, 02 June 2004 |
Pas touche au Venezuela !
Pas assez de signatures, pas de referendum !
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Le gouvernement des Etats-Unis exerce actuellement de très fortes
pressions sur le gouvernement Chavez au Venezuela. Ces pressions sont
à la fois militaires — comme le montre l’arrestation
récente de paramilitaires contre-révolutionnaires colombiens
agissant au Venezuela — et économiques, sous la forme de
la menace d’un embargo commercial.
Au mois de décembre dernier, l’opposition de droite a collecté
des signatures dans le but de forcer l’organisation d’un
referendum qui pourrait, selon la constitution de 1999, donner lieu
à des élections présidentielles anticipées.
Elle prétendait avoir récolté 3.6 million de signatures.
Cependant, la Commission électorale a trouvé que 800 000
signatures n’étaient pas valables, puisqu’elles étaient
soit des signatures qui ne correspondaient pas aux cartes d’identité,
soit des signatures de personnes décédées ou qui
ne sont pas encore en âge de voter. Encore 700 000 signatures
douteuses ont été invalidées parce que les personnes
auxquelles elles étaient censées appartenir ne les ont
pas confirmées lors des vérifications. Le décompte
officiel a été validé par les observateurs du «
Centre Carter », que l’on ne peut guère soupçonner
de complaisance vis-à-vis du gouvernement Chavez. Le seuil de
2 400 000 signatures pour déclencher une nouvelle élection
n’a manifestement pas été atteint.
Or, pour l’administration Bush, le referendum doit avoir lieu
de toute façon ! Dans de nombreux discours et déclarations
officielles, les représentants du gouvernement américain
ont ouvertement menacé le Venezuela de sanctions économiques
dans le cas contraire. Voilà une belle leçon de la démocratie
à l’américaine !
Il faut s’opposer à ces pressions de toutes nos forces.
A vrai dire, trop de concessions ont séjà été
faites aux forces contre-révolutionnaires, ce qui ne fait que
les encourager. L’opposition de droite au Venezuela a démontré
on ne peut plus clairement son caractère anti-démocratique.
En avril 2002, elle a participé au coup d’Etat visant à
renverser le gouvernement démocratiquement élu d’Hugo
Chavez. En décembre 2002, elle a soutenu, pendant 60 jours une
campagne de sabotage économique. Plus de 80 dirigeants paysans
et des dizaines de syndicalistes ont été assassinés.
Les dirigeants de l’opposition devraient être jugés
et punis pour leur implication dans ces crimes.
Au moment où la révolution et ses dirigeants sont sous
une pression extrême de la part de l'administration Bush et de
"l'opinion publique" de la presse et de l'industrie audiovisuelle,
nous devons contrer cette pression par celle des mouvements socialiste,
communiste et syndical de partout dans le monde. Nous demandons à
tous les correspondants et lecteurs de La Riposte de manifester leur
solidarité avec la révolution bolivarienne et de s'opposer
à toute intervention impérialiste au Venezuela. | |
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